Il y a tout juste un mois nous nous rendions à Lille découvrir comment avance la scène électronique dans le Nord. Avec 12 années derrière lui, le N.A.M.E Festival a fait bouger la ville de Lille et ses alentours à la rentrée. Du 7 octobre au 9 octobre 33 artistes se produisaient dans trois lieux différents avec pas moins de 5000 festivaliers attendus cette année. Entre ces trois lieux, nous retrouvons le port fluvial d’Halluin, la Gare de St Sauveur et la condition Publique de Roubaix.


Vendredi soir, 23h, on retrouve Antoine et Sarah, deux passionnés de musique électronique qui sont tous deux très actifs niveau sorti. Antoine, Lillois d’origine n’avait pas tapé du pied au N.A.M.E depuis quelques temps : “En voyant un certain nombre de potes qui achetaient leurs billets, il n’a pas été difficile de me motiver.” Pour Sarah le choix était fait depuis longtemps et c’est plutôt elle qui motiva ses amis, mais tout deux mettront en avant un point négatif : se rendre au port fluvial d’Halluin était un vrai casse-tête. Payer 10€ pour une navette à heure fixe, commander un heetch, ou prendre les transports en commun bien plus longs ? Le dilemme commence mais l’époque des navettes gratuites est, elle, bien terminée.

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JOUR1
Après être arrivé au port d’Halluin débute une petite marche où l’on croise plusieurs groupes de jeunes qui commencent à se mettre dans l’ambiance pour passer une nuit endiablée. Une fois la fouille passée, on aperçoit les chapiteaux au loin et le son résonne déjà dans l’enceinte du festival. Petit tour du propriétaire : Des fonds trucks, bars, toilettes, mais malheureusement pas de vestiaires. Heureusement tout le monde était prévenu, mais pas de sacs autorisés ce qui rendait un peu difficile de passer de scène en scène avec la fraîcheur du Nord. C’est Rafael Cerato, originaire de Londres, qui ouvre le bal sur la scène 2. “Je vais voir Rafael Cerato pour écouter la fin de son set et j’aime vraiment les sons mélodiques qu’il balance, dommage qu’on ne soit pas arrivé plus tôt !” Recondite prend la suite et nous gratifie de ses fameux lives sombres et envoutants – dont on ne se lasse pas. On retrouve ensuite nos deux reporteurs sur Stephan Bodzin avec un autre live très vif et mélodique. “Comme d’habitude, Bodzin fait une entrée en maître, avec comme toujours de jolis visuels qui te permettent de voyager encore plus vers l’au-delà …Il nous passe ses grands classiques qui selon moi ont toujours le même effet sur la foule : une foule heureuse et comblée.. “ Salle beaucoup trop blindée à son goût, Sarah choisit d’aller voir Seth Troxler pour son set mêlant disco, jazz et house. De notre côté, on restera avec Antoine tenté par la venue de Ben Klock, ce résident du Berghain qu’on ne présente plus. Set puissant et harmonieux, cela semble la parfaite mise en jambe avant de terminer la soirée sur Laurent Garnier, notre “papa” français de la techno. Comme toujours, la foule acclame et dans la fosse c’est la sueur qui commence à ruisseler. “Son set a été de début à la fin excellent entremêlé de tracks, toutes aussi entraînantes les unes que les autres. Tout le monde était heureux, et était là pour le même but la passion de la musique et se retrouver sur un lieu unique avec ses amis pour y faire la fête.” Il est 6h du matin, le soleil commence à se lever et il est temps d’aller recharger les batteries avant le deuxième jour.


JOUR2
Après cette première nuit bien réussie les plus motivés se retrouveront à la Gare St Sauveur de Lille dans l’après-midi, mais la plupart préfèrerons 7h de sommeil pour profiter pleinement de cette line-up plus qu’alléchante. 23h30: Frankey et Sandrino mettent doucement leur public – beaucoup moins nombreux que la veille – dans l’ambiance avec un set rempli de mélodie et de douceur avec de beaux visuels. Avant la fin du set, on retrouve Sarah sur la scène 2 devant Paula Temple. “Ce petit bout de femme a démarré notre soirée avec un set énergique rythmé et accompagné de sons acides, techno parfois dark techno”. Retour sur la scène 1 pour Alex Niggeman qui mettra tout le monde d’accord : une très belle découverte musicale. L’artiste nous offre un set mélancolique et planant dans lequel on retrouvera des tracks de son EP « Angular ». “Il m’a complètement retourné avec des tracks vraiment sombres à la Baikal ou Fango.” Tandis que nous préférons Rødhåd à Maceo Plex, Sarah et Antoine resterons sur la scène 1. Techno noire, puissante mais équilibrée avec des morceaux plus « sensibles », Rødhåd rendrait presque le public hystérique. Mais il semblerait que l’excitation était partagée sur l’autre scène puisque Maceo Plex aurait donné un de ses meilleurs sets de l’année 2016 pour Antoine qui ne manque pas d’aller le voir. “Les deux heures de son set sont passées à une vitesse vertigineuse, il avait réussi à créer une atmosphère hystérique et moite et en même temps beaucoup d’amour planait au-dessus de nos têtes.”Ce deuxième et dernier jour au port fluvial d’Halluin se terminera sur Mind Against avec un set planant et mélodique. “Un set planant et de douces mélodies nous ont bercées et accompagnées jusqu’à une closing agréable mais bien trop gourmand on en redemandait encore.”

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CONCLUSION
Satisfait de cette édition, le NAME festival aura su s’imposer grâce à sa line-up (avec beaucoup de têtes d’affiches) et son système son qui a été modifié et adapté aux lieux puisque l’année dernière il y avait des interférences entre les deux chapiteaux. De même, le rapport qualité/prix de ce festival est plus que correct avec des early birds à 55e les deux jours, tout comme les prix sur place. Le vrai seul point négatif du festival était les transports comme on vous en parlait un peu plus haut dans l’article.
“En résumé, pour moi ce festival fait partie d’un des meilleurs festivals français que j’ai pu faire. Et ce que j’en retiens, Et bien c’est l’atmosphère lilloise où l’accueil était bien plus que chaleureuse, Avec de superbes rencontres ET l’envie d’y retourner l’année prochaine et ne pas en louper une miette”. Sarah
“Malgré les problèmes d’accès au bar, l’inexistence d’un point d’eau (assez compliqué de s’hydrater surtout avec la chaleur de la première nuit) et la difficulté d’accès au festival ; ça reste pour moi un très grand succès, le NAME a regagné mon cœur. De belles rencontres et une ambiance pleine d’amour. Une programmation axée très techno, j’aurais vraiment aimé voir une scène deep avec The Drifter, Marvin & Guy, Frankey & Sandrino et Âme ensemble l’une des deux nuits plutôt qu’en set gratuit à Saint Sau. Maintenant rendez-vous au NAME d’hiver.” Antoine

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AFFAIRE A SUIVRE
Victime de son succès, le Name reviendra plus tôt que prévu : du 3 au 5 mars pour l’édition d’hiver à la Condition Publique de Roubaix – qui sera beaucoup plus accessible. La line-up n’est pas encore dévoilé mais on vous conseille de vous tenir au courant ici : https://www.facebook.com/events/195534970856985/ ou la https://www.facebook.com/NAMEFESTIVAL/?fref=ts

Crédits photos : Jacob Khrist et Rémy Golinelli

Article par : Chloé Grienenberger